Ομιλία του π. Χρυσοστόμου Paluku/Discours du Père Chrysostomos Paluku

 


Ομιλία του  π. Χρυσοστόμου  Paluku με θέμα: «Η Παναγία ως το υπέρτατο πρότυπο αγιότητας, ελπίδας και Μητρικής Μεσιτείας για τη σωτηρία της ανθρωπότητας». Ο ομιλητής κληρικός της Ιεράς μας Επισκοπής είχε εργαστεί πολύ και η ανάπτυξη του θέματός του ήταν ευρεία και βαθυστόχαστη στηριγμένη σε γνώμες Πατέρων. Αναφέρονταν δε και οι σχετικές παραπομπές. Ο π. Χρυσόστομος πρότεινε να αντλήσουμε από τον Βίο της Θεοτόκου τρεις θησαυρούς: Την ταπείνωση, την υπακοή προς το Θεό και το Φως της ζωής Της για τον πνευματικό μας αγώνα.  Μίλησε επίσης για τις σωτηριολογικές συνέπειες της απάντησης που έδωσε στον Αρχάγγελο Γαβριήλ: «Ιδού η δούλη Κυρίου, γένοιτό μοι κατά το ρήμα σου». Τόνισε δε ότι η τοποθέτηση της Θεοτόκου ενώπιον του Θεού, είναι υπόδειγμα και για μας. Ο Θεοφιλέστατος Επίσκοπος  Γκόμας και Μεγάλου Κίβου, κ. Τιμόθεος, έδωσε οδηγίες ώστε η ομιλία του π. Χρυσοστόμου να εκτυπωθεί και να διανεμηθεί στους πιστούς ώστε η ωφέλεια να είναι μεγάλη. Παραθέτουμε στα γαλλικά ολόκληρη  την ομιλία του π. Χρυσοστόμου  Paluku.

 

Discours du Père Chrysostomos Paluku sur le thème : « La Vierge Marie, modèle suprême de sainteté, d’espérance et d’intercession maternelle pour le salut de l’humanité ». Ce prêtre de notre Diocèse a longuement préparé son intervention, développant son sujet avec profondeur et ampleur, s’appuyant sur les enseignements des Pères de l’Église. Les références pertinentes ont également été mentionnées. Le Père Chrysostomos a proposé de puiser dans la Vie de la Mère de Dieu trois trésors pour notre cheminement spirituel : l’humilité, l’obéissance à Dieu et la lumière de sa vie. Il a également évoqué les conséquences sotériologiques de la réponse qu’elle a donnée à l’Archange Gabriel : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Il a souligné que la position de la Mère de Dieu auprès de Dieu est un modèle pour nous aussi. Son Excellence l’Evêque de Gomas et Grand Kivu, Mgr Timothée, a donné instruction de faire imprimer et diffuser le discours du Père Chrysostomos auprès des fidèles afin qu’il en soit largement profité. Nous annexons en français l'intégralité du discours du Père Chrysostome Paluku.


HOMELIE SUR « LA VIERGE MARIE, MODELE SUPREME DE SAINTETE, D’ESPOIR ET D’INTERCESSION MATERNELLE POUR LE SALUT DU GENRE HUMAIN »

Référence faite à sa réponse à l’Archange Gabriel 

Frères et sœurs bien aimés dans le Seigneur,

Par la grâce de Dieu et la bénédiction de notre Saint Père, Son Excellence Monseigneur notre Evêque Timothée ;

Contemplons aujourd’hui la Très Sainte Vierge Marie, la Theotokos (la Mère de Dieu), Modèle suprême de sainteté, d’espérance et d’intercession maternelle, en qui, grâce à son « Oui » libre, se manifeste :

·         le sommet de la coopération de l’homme avec Dieu,

·         le mystère de la sainteté accomplie par l’humilité, et

·         l’espérance offerte à tout le genre humain.

La Mère de Dieu n’est ni une reine ni une savante. Elle est une simple jeune fille de Nazareth, sans aucune célébrité, inconnue du monde. Et pourtant, toute l’humanité attend sa réponse pour son salut ! Car Dieu agit là où le cœur est ouvert.

Pour essayer de comprendre notre thème, nous allons focaliser notre réflexion sur quatre grands points, notamment :

§  L’archange parle, la vierge répond, le monde est sauvé

§  La Mère de Dieu, modèle suprême de sainteté

§  La Mère de Dieu, modèle d’espoir du genre humain

§  L’intercession maternelle et miraculeuse de Marie

1.      L’archange parle, la vierge répond, le monde est sauvé

L’archange Gabriel se présente à la Vierge Marie avec un message qui dépasse toute compréhension humaine et bascule le cours de l’histoire de l’humanité : le Très-Haut lui demande de devenir la mère de son propre Créateur. La Vierge Marie écoute, s’étonne et interroge, mais son cœur demeure ouvert. Comme l’enseigne Saint Ambroise de Milan : « la foi de Marie précède le miracle : elle ne voit pas encore, mais elle croit ; elle ne comprend pas tout, mais elle s’abandonne. »

Et que répond-elle ? La Vierge Marie reçoit cette parole avec humilité et confiance, et répond : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. » (Luc 1,38) Ce simple « Oui » est, en vérité, un acte de foi et de sainteté exemplaire.

Saint Irénée de Lyon éclaire ce passage à la lumière de la Genèse : « De même qu’Eve, ayant désobéi, devint cause de la mort pour elle-même et pour le genre humain, ainsi Marie, par son obéissance, devint cause de salut pour elle-même et pour le genre humain. » (Adversus Haereses, V, 19, 1) A d’autres termes : « Par l’obéissance de Marie, la désobéissance d’Eve fut détruite. » Une seule parole a ouvert de nouveau le paradis et accordé ainsi le salut à l’humanité. D’où la synergie de la « grâce divine » et la « liberté humaine » qui doivent œuvrer ensemble pour que l’homme accède au salut. C’est cette Synergie que clarifie Saint Augustin d’Hippone (354-430) quand il dit dans ses sermons 169 et 13 : « Qui creavit te sine te, non iustificat te sine te. » Ce qui se traduit en français : Dieu qui t’a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi. Cela signifie que dans la mission salvifique, c’est Dieu qui fait toujours le premier pas en accordant sa grâce. Cependant, Dieu laisse à l’homme la liberté de coopérer à son salut.   

Ainsi s’accomplit l’annonce prophétique : « Voici que la vierge concevra et enfantera un fils. » (Is. 7,14) La Mère de Dieu devient la nouvelle Eve, pas mère selon la chair seulement, mais selon la foi. (Rm 4, 18)

Par son « Oui », la Mère de Dieu choisit librement de collaborer au plan salvifique de Dieu. Et pour nos Pères de l’Eglise, cet acte est le paradigme (modèle parfait) de l’obéissance, de la foi et de l’amour pur. 

2.     La Mère de Dieu, modèle suprême de sainteté

Par le mystère de l’incarnation, Dieu a choisi la Vierge Marie pour servir d’instrument humain pour révéler sa miséricorde au monde.

En disant oui, Elle accepte l’incompréhension de Joseph, le jugement des autres, l’insécurité de l’avenir.

Combien de fois Dieu nous appelle à un oui discret mais couteux :

ü  Un pardon à accorder alors que tout en nous résiste ?

ü  Une vérité à dire sans savoir comment elle sera reçue ?

ü  Une fidélité à garder dans la solitude ?

ü  Une quotidienne croix à porter sans gloire ? … 

La Théotokos nous enseigne que la sainteté commence souvent par des petits oui, prononcés dans le secret, sans garantie humaine, mais par obéissance et avec confiance totale en Dieu.

En contemplant la Mère de Dieu, nous puisons dans sa vie trois (3) grands trésors :

a)      le trésor de l’obéissance : Une obéissance qui n’est pas un simple acte ponctuel, mais un acte qui traverse toute sa vie :

v  à l’annonciation,

v  dans la pauvreté de Bethléem,

v  dans la fuite en Egypte

v  et jusque sous la croix où elle demeure debout et dans une obéissance douloureuse mais confiante.

b)      Le trésor de l’humilité : l’obéissance de la Vierge Marie n’est pas inséparable de son humilité. Elle ne comprend pas tout, mais elle fait confiance. Elle ne demande pas de signes supplémentaires, mais elle s’en remet à la Parole de Dieu. C’est sur ce point que saint Jean Chrysostome souligne qu’« Elle ne s’est pas glorifiée de la grâce reçue, mais s’est appelée servante, enseignant ainsi à tous le chemin de l’humilité. » (Homélie sur l’Evangile de Luc)

c)      Le trésor de la lumière dans notre vie spirituelle : l’obéissance de la Vierge Marie nous interroge si nous sommes prêts, nous aussi à dire : « Que tout m’advienne selon ta parole », même lorsque cette parole bouleverse nos projets, nos sécurités, nos certitudes ?

Par son obéissance, la Theotokos nous enseigne aussi que l’obéissance chrétienne n’est pas une perte, mais un passage. En imitant la Mère de Dieu, nous apprenons que l’obéissance ouvre la porte à la grâce et à la vie divines, tandis que la désobéissance enferme le cœur dans la disgrâce.  

La très Sainte Mère de Dieu n’est pas éloignée de nous. Elle est un modèle accessible pour tous. Car, elle n’a pas vécu une sainteté extraordinaire aux yeux du monde. Mais une sainteté fidèle dans l’ordinaire : prière, silence, travail, patience.

Elle est ainsi proche :

Ø  Des parents qui portent leurs enfants dans la prière ;

Ø  De ceux qui souffrent dans leurs cœurs et/ou dans leurs corps ;

Ø  De ceux qui servent sans être vus ;

Ø  De ceux qui luttent pour rester fidèles.

Elle nous montre que la déification commence ici-bas dans une vie offerte au jour les jours à Dieu, qui est le Seul Maître de nos  temps et circonstances de nos vies.  

3.      La Mère de Dieu, modèle d’espoir du genre humain

Bien que Mère de Dieu, la Vierge Marie n’a pas vécu une vie facile après l’Annonciation. Elle connaît la pauvreté de Bethléem, la fuite en Egypte, l’angoisse de perdre son enfant, puis la douleur de la Croix. Et pourtant, elle ne murmure pas.

Ainsi, elle devient pour nous un modèle concret d’espérance, surtout dans les situations que nous ne comprenons pas :

*      quand la famille traverse l’épreuve (mort, famine, pauvreté, …)

*      quand la maladie ou l’échec obscurcit l’avenir,

*      quand le ciel semble silencieux face à la prière, etc.

Les saintes Ecritures tout comme les Saints Pères nous rappellent que Marie a tout gardé dans son cœur. Elle a cru dans la promesse de Dieu même dans l’inconnu et l’imprévu. Son « Oui » est un acte d’espérance totale dans la miséricorde de Dieu. Ce que Saint Jean Chrysostome (+407) soutient quand il affirme que : « Quiconque espère dans le Christ trouve en Marie un exemple de confiance sans faille, car elle a accepté l’inconcevable et est devenue la porte du salut pour le monde. » (Homélies sur Luc) Elle nous apprend que l’espérance chrétienne n’est pas l’absence de souffrance, mais la fidélité à Dieu au cœur même de l’épreuve.

4.      L’intercession maternelle et miraculeuse de la Mère de Dieu

La Très sainte Vierge Marie, la mère de Dieu, est un refuge sûr, une médiatrice maternelle et une protectrice inébranlable. Dans notre Eglise, nous ne la vénérons pas comme une déesse, mais comme une Mère qui, avec une audace maternelle, intercède sans cesse devant le trône de son fils pour le salut du monde.

a.      Fondement théologique et scripturaire

L’Evangile révèle déjà la puissance de l’intercession de la Théotokos lors des noces de Cana : « Ils n’ont plus de vin. » (Jean 2, 3)

Saint Jean Chrysostome, mon Saint Patrons que j’aime beaucoup, commente cet épisode en montrant que la Mère de Dieu agit, non par autorité propre, mais par amour et compassion maternelle :

« Elle ne commande pas, mais elle prie ; elle ne s’impose pas, mais elle espère. Et Jésus agit, non parce que l’heure est venue, mais par respect pour sa mère. » (Homélie sur l’Evangile de Jean, Hom. XXI)

b.      Témoignage des Pères de l’Eglise

Ø  Saint Irénée de Lyon (+V. 202)

« De même qu’Eve, par sa désobéissance, devint cause de mort pour elle-même, et pour tout le genre humain, ainsi la Mère de Dieu, par son obéissance, devint cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain. » (Contre les hérésies, V, 19, 1)

Là où Eve a entraîné l’humanité vers la chute, la Mère de Dieu intercède pour sa restauration.

Ø  Saint Éphrem le Syrien (+ 373)

« Après le Médiateur, tu es la médiatrice du monde entier. » (Hymnes à la Mère de Dieu, Hymne 4)

Saint Éphrem n’oppose jamais l’intercession de la Très Sainte Mère de Dieu à l’unique médiation du Christ (Cfr. 1Tim. 2,5), mais il affirme qu’elle y participe par grâce. »

Ø  Saint Andrée de Crête (+ 740)

« Elle est l’Echelle céleste par laquelle Dieu est descendu vers nous, et par laquelle nos prières montent vers le ciel. » (Homélie sur la Dormition de la Mère de Dieu)   

c.       La protection et intercession visibles : Miracles

ü  Le miracle du voile (Prokrov)

Au Xe siècle, à Constantinople, saint André le Fol-en-Christ vit la vierge Marie étendre son voile sur le peuple en prière dans l’église de Blachernes. Peu après, la ville fut délivrée de l’invasion.

C’est pourquoi l’Eglise célèbre la Protection de la Mère de Dieu, proclamant :

« Aujourd’hui la Vierge se tient au milieu de l’Eglise, et invisiblement elle prie Dieu pour nous. »

ü  Les icônes miraculeuses : L’orthodoxie connaît de nombreuses icônes thaumaturges :

v  La mère de Dieu de Kazan : invoquée comme :

ü  Protectrice des familles,

ü  Guide dans les décisions difficiles,

ü  Défense contre le mal et la division.

De manière particulière, cette icône est associée à :

·         La guérison de la cécité (physique et spirituelle).

·         La guérison de maladies graves.

·         Au réconfort dans la détresse profonde. 

N.B : En 1612, lors de l’occupation de Moscou par les troupes polono-lituaniennes, l’armée russe prie devant l’icône de la Mère de Dieu de Kazan, et Moscou est libérée le 4 novembre 1612. Ce miracle nationale fit de l’icône, le symbole de protection du peuple russe.

 

v  La mère de Dieu de Vladimir : selon la tradition, elle aurait été peinte par saint Luc l’Evangéliste.

A plusieurs reprises, l’icône fut portée en procession pour protéger les villes russes contre :

·         Les invasions étrangères

·         Les incendies dévastateurs

·         Les épidémies

Aussi, de nombreux récits parlent de :

·         Guérisons des maladies incurables

·         Délivrance de la cécité

·         Guérisons spirituelles (désespoir, troubles mentaux, stérilité)

 

v  La mère de Dieu « Joie de tous les affligés » : cette icône apparaît en Russie au XVIIe siècle. Elle représente la Vierge Marie entourée de personnes souffrantes : malades, pauvres, endeuillés, prisonniers. Des anges y sont souvent figurés, apportant aide et guérison. Cela signifie que la Mère de Dieu intercède auprès du Christ pour tous ceux qui sont dans la peine. 

Plusieurs miracles sont attribués à cette icône :

·         Guérisons physiques (maladies incurables, paralysies, cécité)

·         Soulagement de la souffrance morale (désespoir, deuil, angoisse profonde)

·         Protection dans les épreuves (persécutions, pauvreté, injustice)

·         Paix intérieure et réconfort spirituel

N.B : un des miracles les plus connu concerne la guérison d’Euphémie en 1688 : sœur du patriarche Joachim de Moscou, Euphémie souffrait d’une maladie grave et incurable. Après une prière fervente, elle entendit une voix intérieure lui demandant de faire célébrer un office devant l’icône « Joie des affligés. »   Après l’office, elle fut instantanément guérie.

Saint Jean Damascène témoigne : « Beaucoup ont été guéris, délivrés et illuminés par la prière faite devant l’icône de la mère de Dieu. » (Traité sur les Saintes icônes, I, 16)

 

d.      Intercession et espérance eschatologique

Saint Germain de Constantinople (+ 733) proclame : « Personne ne se sauve sans Toi, Très Pure ; personne n’est délivré sans ton intercession. » (Homélie sur la Dormition, PG 98)

Cela ne signifie pas que la Mère de Dieu remplace le Christ, mais qu’elle agit comme Mère dans la maison du Roi, présentant nos larmes, nos combats et nos repentirs.

Nous devons donc recourir à la Mère de Dieu avec confiance. Son intercession est celle d’une mère qui ne se fatigue jamais d’aimer ; d’autant plus qu’Elle a connu et la souffrance, et la Croix, et la Résurrection de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

En conclusion, Chers frères et sœurs bien aimés dans le Seigneur, en contemplant la Très Sainte mère de Dieu, nous découvrons le sommet de notre espérance transfigurée par la grâce. Dans son humble réponse à l’Archange Gabriel – « voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole » - la Mère de Dieu pose, non seulement un acte d’obéissance, mais aussi et surtout le consentement libre de toute l’humanité à l’œuvre du salut. Par son « Oui », Elle ouvre la porte par laquelle Dieu entre dans le monde.

Les pères de l’Eglise nous enseignent que ce Oui fut prononcé dans une liberté parfaite, éclairée par la foi et embrasée par l’amour. Là où Eve avait hésité, la Vierge Marie consent ; Là où l’humanité avait fermé son cœur, Elle l’ouvre sans réserve.

Ce Oui est l’expression la plus pure de l’espérance : espérance qui ne repose ni sur la compréhension totale du mystère, ni sur l’absence de souffrance, mais sur une confiance absolue en Dieu. Par ce Oui, la Vierge Marie devient la demeure du verbe, la mère des vivants et l’intercession silencieuse de toute l’Eglise.

Que la mère de Dieu nous apprenne à répondre à l’appel du Seigneur avec humilité, courage et abandon total à sa volonté ; afin que, par son intercession, nous soyons trouvés en tout temps dignes de la miséricorde du Christ, en qui appartiennent la gloire, la puissance et l’adoration, avec le Père et le et le Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen ! 






















































































































































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